Billet

Faire confiance en amour : l’apprentissage du lâcher-prise.

Caroline B.

Publié le 11/12/2025

Mis à jour le 12/11/2025

Ça signifie quoi pour vous faire confiance à son ou sa partenaire ? Lorsque je pose la question à mon entourage ou aux personnes que je reçois, la plupart des réponses évoquent les mêmes choses :

« Je veux pouvoir compter sur mon partenaire lorsque j’en ai besoin (moments difficiles, maladie, décisions importantes…) et j’ai besoin de savoir qu’il n’ira pas voir ailleurs. »

Pour beaucoup, la confiance se résume donc à deux choses essentielles : un acte de vulnérabilité, celui qui nous permet de nous reposer sur l’autre en cas de difficulté, et un acte de remise de soi, celui qui prouve que l’on appartient exclusivement à l’autre.

« Avoir confiance en l’autre ou donner sa confiance, pour moi, cela demande du temps. Il faut observer, analyser le comportement de l’autre, constater sa loyauté et sa fiabilité. Donner sa confiance est un signe de vulnérabilité pour moi. Je m’ouvre, je partage un bout de moi, de mon intimité même, en espérant que l’autre l’accepte et surtout le respecte. C’est un risque à prendre… alors il est primordial de prendre son temps ! La patience et l’attention sur les actions de l’autre sont des éléments essentiels pour établir une relation de confiance qui va durer dans le temps… »

Pour garantir cette pleine et entière confiance, on formule des règles tacites au fur et à mesure que notre relation évolue : « Jamais je n’irai consulter des messages sur le téléphone de mon partenaire ou lire des courriers privés, et j’attends la même chose de sa part. C’est du respect mutuel. Mais c’est aussi respecter l’autre que de l’informer. Par exemple, si je sors sans lui, je lui dirai avec qui je sors et je l’informerai si je dois rentrer très tard. Ces règles doivent être décidées ensemble et partagées pour que cela fonctionne. »

Michel Bozon décrit ces règles comme des exercices de « remises de soi », au sens où, à chaque étape d’une relation, les partenaires vont échanger des actes et des informations destinés à renforcer leur lien. Échanger des SMS, présenter sa famille, faire découvrir son lieu de vie ou dévoiler son passé sont autant de manières et d’étapes qui permettent de se « remettre à l’autre ». Tous ces échanges sont souvent pensés comme devant être équitables pour sécuriser un lien authentique et pour garantir que l’on peut faire confiance à l’autre.

« Au début, il ne répondait pas trop à mes SMS. Moi, j’aimais trop lui en envoyer pour lui demander comment ça allait, lui dire que je pensais à lui, que j’avais envie de le voir. Lui, il préférait qu’on se voie en vrai, mais du coup, quand j’avais pas de nouvelles, ça me stressait ; je doutais un peu de lui, de son attachement. On en a parlé et il m’a expliqué comment il fonctionnait, que ça ne voulait pas dire qu’il ne pensait pas à moi, juste qu’il n’aimait pas être tout le temps sur son téléphone. Je me suis habituée et c’est vrai qu’à côté de ça, il fait plein de trucs supers qui montrent qu’il pense à moi. »

Mais la clé de la confiance se trouve-t-elle nécessairement dans l’équité des informations et des actes partagés ?

La confiance, qu’elle soit dirigée vers notre partenaire, nos choix de vie ou nous-mêmes, se construit tout au long de notre vie. C’est un héritage qui nous vient directement de notre enfance et qui se façonne en fonction de nos expériences, qu’elles soient heureuses ou non.

Notre rapport à la confiance est profondément intime et subjectif. La petite subtilité, c’est que notre partenaire actuel n’est pas toujours le seul maître à bord lorsqu’il s’agit de nous rassurer et d’établir une relation sécurisante.

« Plusieurs fois par mois, je dois la rassurer pendant longtemps sur mes sentiments et sur ma fidélité. Même quand je lui dis que je tiens à elle, elle doute beaucoup et met du temps à se sentir rassurée. Franchement, c’est épuisant. Je sais qu’il y a eu de mauvaises expériences, mais c’est dur mentalement : j’ai le sentiment que rien de ce que je fais ne lui prouve que je l’aime et que je suis quelqu’un de bien. Du coup, quand j’ai des soucis de mon côté, j’arrive pas à lui en parler non plus parce que je veux pas en rajouter. »

En basant nos relations de confiance sur la transparence et le partage équitable de certains actes, on cherche en réalité à établir clairement les signes d’un lien authentique qui ne doit laisser aucune place à un travail d’interprétation personnel. Pourtant, nous interprétons quotidiennement le monde et les personnes qui nous entourent à travers des prismes très personnels.

Pour Delphine, l’absence de SMS lorsque son partenaire sort le soir avec ses amis signifie qu’il ne pense pas à elle et donc qu’il ne valorise pas autant qu’elle leur relation amoureuse. Pour Arnaud, une relation amoureuse épanouie et équilibrée passe par le droit à l’autonomie. Il tient à accorder son attention à ses amis lorsqu’il passe du temps avec eux, par respect et par sens de l’amitié.

Je pense ici qu’il est important de rappeler qu’une relation amoureuse suppose deux exercices difficiles : accepter notre vulnérabilité et interroger nos biais d’interprétations.

La capacité à établir une relation de confiance ne repose donc pas uniquement sur les épaules de notre partenaire, elle suppose aussi que nous soyons prêts à questionner nos failles, nos visions du couple et nos capacités à accepter ce que l’autre peut ressentir, même quand ça ne colle pas avec notre vision des choses !

N’oublions pas non plus qu’à la base de la confiance se trouve une bonne dose d’ouverture d’esprit et de tolérance. Deux ingrédients que l’on retrouve dans tous les bons filtres d’amour…

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